Mon parcours · Homme en chemin

J'ai appris à tenir. Puis j'ai appris à vivre.

Ce n'est pas une success story. C'est un chemin qui a commencé dans la peur, traversé plusieurs ruptures — et qui continue.
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Olivier Szkulnik — coach masculin

La peur comme point de départ

J'ai grandi avec un père autoritaire, tyrannique.

Être élevé dans la peur, ça forge une posture qui s'ancre profondément. Tu apprends à anticiper les réactions, à ne pas faire de vagues, à t'effacer juste assez pour éviter les problèmes. Sans jamais avoir personne à qui exprimer ce que tu ressens vraiment.

J'avais la sensation permanente de ne jamais être à la bonne place — dans ma famille, dans cette vie, sur cette terre.

Je ne manquais pas de force. Je manquais de quelqu'un pour m'apprendre à devenir un homme.

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45 ans à faire plaisir aux autres

Je suis devenu le garçon sympa, accueillant, à l'écoute. Celui qui régule les situations, qui sourit même quand ça ne va pas.

Ce n'était pas de la générosité — c'était une technique de survie apprise très tôt, sans en avoir conscience.

Vingt ans de mariage. J'ai tenu. Jusqu'à ce que les reproches deviennent trop lourds. Ma sensibilité n'était pas accueillie. J'étais comparé. Et moi j'étais bloqué — pas parce que je ne voulais pas. Parce que je n'y arrivais pas.

En 2010, mon premier fils est né. Je me suis demandé quel père je serais. Je n'avais pas de réponse. C'est là que j'ai commencé à travailler sur moi — vraiment.

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Le divorce comme rupture nécessaire

J'avais peur de ne plus voir mes enfants. Je redoutais l'inconnu, tout reconstruire depuis zéro.

Mais j'ai découvert quelque chose d'inattendu : l'espace pour me retrouver. Apprendre à être seul. Faire tomber petit à petit les masques qui me tenaient dans un rôle d'homme que j'essayais d'être pour l'autre — sans jamais y arriver.

C'était exactement ce dont j'avais besoin.

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Renouer avec le masculin

Pendant longtemps, l'image du masculin me repoussait. Je ne trouvais pas ma place entre le petit garçon trop sensible et le macho que je refusais d'être.

Un travail en profondeur a changé ça. J'ai renoué avec le masculin en moi. Des vraies amitiés avec des hommes — pour la première fois. Des hommes avec qui on se dit vraiment tout. Les difficultés, les doutes, les émotions. Sans se juger. Nos vulnérabilités sont devenues nos forces.

Et j'ai appris quelque chose qui a tout changé : le consentement.

Oser demander ce qui est bon pour moi. Ne plus avoir peur d'un non. Oser répondre un vrai oui ou un vrai non — en fonction de ce qui est juste pour moi, pas de ce qu'on attend.

Quand on ne dépend plus du oui des autres, les demandes changent de nature.

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Ce que ça change, concrètement

Avec mes enfants, je suis plus présent. Et il y a une fermeté — bienveillante. Je pose mon cadre. Quand je dis quelque chose, je le tiens. Sans méchanceté. Ils le sentent.

Dans ma vie amoureuse, je ne joue plus aucun jeu. Je mets les cartes sur table sur comment je suis. On parle de nous — pas de l'autre, de ce qui se joue en nous. On ose tous les sujets.

Si je ne respecte pas ce qui est juste pour moi, je perds ma vraie force.

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Ce que j'ai traversé — deux fois

Tenir une posture dans un environnement qui ne voit pas ce qu'on fait. Chercher la reconnaissance — personnelle, professionnelle. Et que ça ne soit pas vraiment perçu.

C'est cette inadéquation — entre ce que je suis et ce que j'essayais de montrer pour être accepté — qui m'a amené au burn-out. Deux fois.

Le premier m'a ramené à moi en tant qu'homme. Le second m'a appris que même avec de nombreuses compétences, tout ne peut pas me ressourcer. Tout n'est pas juste pour moi. Et c'est une information, pas un échec.

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Aujourd'hui

Je continue mon chemin. Je me dépouille progressivement de ce que j'avais mis sur l'homme que je devais être. Ce n'est pas une quête — c'est quelque chose qui vient, que je traverse, qui avance.

Je sens autour de moi que les choses changent. Dans mes relations, dans mon environnement, dans la façon dont je me tiens.

Je ne te parle pas depuis un sommet. Je te parle depuis un chemin.

Et c'est précisément pour ça que j'accompagne des hommes — pas parce que j'ai des réponses définitives, mais parce que j'ai appris à avancer même quand le terrain n'est pas stable.

Je ne suis pas un homme arrivé. Je suis un homme en chemin.

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Ce qui m'a formé

Mon chemin n'a pas été que personnel. Il a aussi été une formation continue — à comprendre ce qui se passe dans un homme, en dessous du mental, là où les schémas s'ancrent vraiment.

L'hypnose, la régulation émotionnelle par les sensations corporelles — ces disciplines m'ont appris à percevoir ce qui ne se dit pas. À sentir où quelque chose est coincé. À ne pas me laisser embarquer par le récit quand c'est le corps qui parle.

J'ai aussi développé une écoute particulière. J'entends ce qui est dit — et j'entends ce qui cherche à rester dans l'ombre, derrière les mots, derrière la façon de tourner autour de quelque chose sans le nommer.

Les histoires qu'on se raconte, on les connaît déjà. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui se cache — le mot de trop, la façon d'esquiver, ce qui n'est pas dit, ce qui revient sans jamais être nommé. C'est là que se trouve les choses se jouent vraiment.

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